Biographie

Photo : Rémy Boily

Après des études de premier et deuxième cycles à l’Université de Montréal, Monique Cormier, terminologue agréée, se dirige vers l’Université de la Sorbonne Nouvelle – Paris 3 où elle obtient un doctorat en traduction en 1986. Elle commence alors sa carrière de professeure à l’Université Laval et, en 1988, elle se joint au Département de linguistique et de traduction de l’Université de Montréal. De 2008 à 2011, elle occupe le poste de vice‑doyenne aux affaires professorales à la Faculté des arts et des sciences. De 2012 à 2016, elle assure la direction du Département de linguistique et de traduction. En 2014, elle se voit confier la mise sur pied et la direction du Bureau de valorisation de la langue française et de la Francophonie et, en 2015, elle est nommée vice-rectrice associée à la langue française et à la Francophonie, deux postes qu’elle occupera jusqu’en mai 2021. À titre de vice-rectrice associée, en plus de faire valoir activement l’importance de la langue française sur le campus, elle conseille la direction de l’Université sur les stratégies à adopter pour mieux positionner l’UdeM dans le monde universitaire francophone, l’une d’elles étant la création d’un Observatoire de la Francophonie économique, initiative concrétisée en juin 2017. La même année, à l’assemblée générale de l’Agence universitaire de la Francophonie (AUF), qui regroupe alors plus de 800 établissements universitaires dans plus de 100 pays, Monique Cormier est élue membre du conseil d’administration. De juillet 2017 à novembre de la même année, elle assume par intérim la direction des affaires internationales de l’Université. Enfin, en 2020, le gouvernement du Québec la nomme membre du conseil d’administration du Centre de la francophonie des Amériques.

La carrière d’enseignante de Monique Cormier est marquée au coin de l’innovation et des résultats. Ainsi, elle a adapté les méthodes d’enseignement – notamment la méthode d’apprentissage par problèmes utilisée dans la formation des médecins – pour les étudiantes et étudiants désireux d’accéder au marché du travail sitôt après leur baccalauréat. Elle a également dirigé quelque 80 étudiants aux études supérieures et post-doctorales en vue d’assurer la relève. Le succès remporté dans son activité de professeure-enseignante lui vaudra, en 1998, le Prix d’excellence en enseignement de la Faculté des arts et des sciences pour le secteur Lettres et sciences humaines.

Reconnue internationalement pour ses travaux en terminologie et en métalexicographie, notamment sur les filiations des dictionnaires européens, Monique Cormier a assuré, seule ou en collaboration, la publication de près de 30 ouvrages ou numéros spéciaux de revues (dont un traduit en 11 langues) chez des éditeurs réputés et diversifiés. En plus de ces ouvrages, elle a à son actif quelque 80 articles scientifiques et chapitres de livres. Dès 1991, elle reçoit une bourse d’excellence en recherche de l’Université des réseaux d’expression française (UREF) (France). Elle est ensuite deux fois récipiendaire du Warren N. Cordell Research Fellowship de l’Indiana State University (É.-U.), soit en 2003 et 2006. En 2004, elle reçoit le Laurence Urdang-DSNA Award, de la Dictionary Society of North America (É.-U.). En 2007, Monique Cormier est élue à la Société royale du Canada. Enfin, en 2011, elle devient la première femme à recevoir le Prix d’excellence académique (prix Lee-Lorch) de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) qui réunit plus de 70 000 membres.

Toutes ces activités ne l’ont pas empêchée d’occuper, de 2000 à 2006, les fonctions électives de vice-présidente, puis de présidente de l’Ordre des traducteurs, terminologues et interprètes agréés du Québec (OTTIAQ), qui regroupe plus de 2000 professionnels. Ses réalisations ont été soulignées à la fois par le Conseil interprofessionnel du Québec qui lui remet un prix Mérite 2007, par le Bureau de la traduction du gouvernement du Canada qui lui décerne son prix Hommage en 2007 et par l’OTTIAQ, qui la nomme membre d’honneur en 2011. En outre, à l’invitation du gouvernement du Québec, la professeure Cormier a été membre de l’Office québécois de la langue française de 2002 à 2016. Enfin, élue membre du conseil d’administration de l’Association francophone pour le savoir (Acfas) en 2008, puis réélue en 2010 et en 2012, Monique Cormier préside le Comité scientifique du 78e Congrès de l’Acfas, tenu en 2010 et qui a réuni près de 6000 chercheurs et chercheuses, ainsi que celui du 80e Congrès qui a eu lieu en mai 2012.

En 2009, la professeure Cormier reçoit un Prix du Québec – la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec en reconnaissance d’une carrière remarquable –, soit le prix Georges-Émile-Lapalme. En 2011, elle est admise au rang de chevalière dans l’Ordre national du Québec. En 2013, le gouvernement français salue sa contribution méritoire au milieu universitaire et à l’éducation en la faisant chevalière de l’Ordre des Palmes académiques. En 2014, le Conseil supérieur de la langue française reconnaît sa contribution à la promotion, au maintien et à l’épanouissement de la langue française sur le continent en l’admettant dans l’Ordre des francophones d’Amérique. En 2017, à l’occasion du 40e anniversaire de l’adoption de la Charte de la langue française, elle est reconnue par le ministère de la Culture et des Communications du gouvernement du Québec parmi les 40 personnalités québécoises ayant contribué au rayonnement de la langue française au Québec et à l’étranger. En 2019, elle reçoit le prix Camille-Laurin de l’Office québécois de la langue française pour sa contribution significative à l’usage, à la qualité ou au rayonnement du français dans sa sphère d’activité et dans son milieu de travail. Elle est en outre nommée au grade d’officier dans l’Ordre des arts et des lettres de la République française pour souligner « une carrière exceptionnelle marquée par une attention toute particulière au rayonnement de la langue française et à son évolution ». Enfin, en 2020, elle reçoit le prix André-Laurendeau de l’Acfas pour souligner l’excellence et le rayonnement de ses travaux.